L’indétrônable Royal Oak d’Audemars Piguet

A l’aube de ses 50 années de vie, on ne la présente plus. La Royal Oak d’Audemars Piguet ne finit pas d’être dans l’air du temps et d’incarner un symbole à part entière. Plus qu’une icône, elle est un véritable trophée que l’on arbore fièrement, comme le faisait auparavant les chasseurs en Afrique avec les Big Five (lion, léopard, rhinocéros, éléphant et buffle). Elle fait en effet partie de ce que l’on appelle les « Big Three » de l’horlogerie, aux côtés de la Rolex Daytona et la Patek Philippe Nautilus. On les surnomme ainsi car, du fait de leur rareté, elles sont aussi difficiles à approcher qu’un animal sauvage. Et on le sait, la rareté attise le désir…

 

L’indifférence avant le succès fulgurant

 

Pendant longtemps, la Royal Oak, au même titre que la Daytona et la Nautilus, s’affichait dans les vitrines des boutiques horlogères. Il suffisait de pousser les portes pour rentrer et en acheter une. Aujourd’hui, du fait d’une production mesurée et raisonnée, et notamment d’une demande qui ne désemplie pas, les listes d’attente s’allongent. Il est alors difficile de croire que pendant longtemps, cette icône d’Audemars Piguet, tant convoitée aujourd’hui, n’avait pas autant de succès que maintenant. En effet, la série A, ayant pour référence 5402, fut produite à 1 000 exemplaires et il fallut plus de 2 ans pour que toute la collection soit écoulée. Une collection de montres sportives en acier, étanches, avec un boîtier de 39 mm, bien plus imposant que la moyenne de l’époque, et vendues au prix d’une montre en or. Vu de cette façon, il était difficile de lui réserver un accueil chaleureux… qu’elle méritait pourtant.

La gloire viendra finalement au bout de quelques années, notamment grâce à deux personnalités en vogue : Gianni Agnelli, patron de Fiat, et Alain Delon, star du cinéma. Gianni Agnelli, arbore une Royal Oak et sera rapidement imité, tandis qu’on voit cette dernière à l’écran, au poignet d’Alain Delon, qui ne la quitte plus. Et c’est en Grande-Bretagne qu’elle est prisée depuis les années 90, où elle est associée à une figure de la famille royale, qui n’est autre que le prince Michael Kent. Grand amateur du modèle depuis ses origines, il bouscule les codes en la portant fièrement avec une jaquette et un haut-de-forme. La Royal Oak représente alors un phénomène social, autant qu’une avant-garde de l’horlogerie. Mais c’est en 1975, que le démarrage du succès de ce garde-temps est définitivement lancé. Cette fois-ci, c’est grâce à un phénomène plus commercial : la version féminine, à quartz, avec un diamètre réduit de 26 ou 30 mm, voit le jour. Cette nouvelle alternative vient alors prouver la flexibilité du design de la Royal Oak. En effet, le dessin de cette montre peut subir toutes les variations possibles sans perdre son identité, en témoigne le succès de la collection Offshore, davantage sportive et plus épaisse. Dès les années 80, Audemars Piguet fera régulièrement évoluer son modèle mythique, et grâce à cette politique de diversité, son succès ne cessera de grandir.

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Un nom qui cultive le mystère

 

Mais d’où vient son nom « Royal Oak », littéralement « chêne royal » ? Cet arbre cultive un lien avec l’un des grands épisodes de l’histoire britannique. En effet, en 1651, le roi Charles II d’Angleterre aurait trouvé refuge dans ce chêne après sa défaite contre Cromwell, durant la bataille de Worcester. Le nom Royal Oak fait alors référence à un signe de résistance et de vaillance. Ce même nom sera également adopté à huit reprises pour baptiser les meilleurs navires de la flotte. Gérald Genta, le Picasso des montres, à l’origine du design de la Royal Oak, était passionné du monde maritime. C’est donc tout naturellement qu’il s’inspira des coques en chêne consolidées par des plaques d’acier des HMS Royal Oak pour dessiner le bracelet, et des sabords, de forme octogonale, pour la lunette fixée à huit vis, véritable signature de ce modèle. Une origine qui fascine, autant que son ascension vers la gloire !

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Un investissement plaisir

 

Contrairement à la Daytona ou la Nautilus, la Royal Oak assiste rarement à des coups d’éclat lors des ventes aux enchères. Si on en croit l’analyse réalisée de l’évolution du marché de la collection des montres Audemars Piguet par les collectionneurs et investisseurs, il y a finalement peu de spéculation. A part pour des modèles très récents, introuvables en boutique et où les listes d’attente ne cesse de s’allonger, pour les Royal Oak, le compteur ne s’affole pas vraiment. Cependant, il ne cesse de grimper, avec une progression régulière sur l’ensemble des modèles, s’élevant à 30% en moyenne par an, depuis maintenant 10 ans. On assiste à une montée en puissance qui se veut régulière et sans turbulences. Elle s’affirme alors comme un investissement plaisir, stable et porteur.

Les versions avec cadran bleu restent jusqu’à lors les plus convoitées. Mais récemment, nous assistons à l’apparition du vert comme nouvel habillage de cadran, qui influence le marché. Produits en quantité limitée, ces nouveaux modèles sont à surveiller de très près car ils seront sans doute bientôt les références très recherchées de demain. A suivre…

 

Avec sa Royal Oak, Audemars Piguet a prouvé que l’industrie horlogère traditionnelle peut être dans l’ère du temps en inspirant à une certaine modernité. Avec sa boîte en acier, sa célèbre lunette octogonale avec ses huit vis hexagonales, son cadran « Tapisserie » et son bracelet intégré, ce garde-temps aura renversé tous les codes en vigueur lors de sa naissance en 1972. Aujourd’hui, 50 ans après, sa place en tant qu’icône moderne reste indétrônable.